Mont-bleu lointain

LE GRAND SUD SOUS LE TROPIQUE DU CAPRICORNE "le PAYS DE L'ANDROY".

 

Nous voici tout au bout de la grande Île,  une immense  terre de sécheresse , un vaste territoire de contrastes : LE GRAND SUD  avec une végétation à nulle autre  pareille dans une autre partie du globe  où les  arbres et les feuilles sont épines formant des forêts impénétrables sur une grande partie du sol, sous un ciel perpétuellement bleu, un soleil de plomb, aux formes apocalyptiques : tordues, un paysage bien désolant, rampant et allongeant : telles  des vraies pieuvres végétales épineuses prêtes à vous saisir au passage ou encore  dressés et alignés tels des grands cierges d'épines.

 

Certains sont altiers, majestueux , aux troncs ramassés et massifs, des pachydermes immobilisés propulsant  tout droit vers le ciel leurs branches en racines ramifiées en guise de feuilles : les BAOBABS.

 

Et partout les "Raiketa" cactus, avec ses branches en forme de raquettes de ping-pong  cloutées de redoutables épines, figuiers de barbaries, qui clôturent naturellement les villages et des sentiers étroits: véritables dangers pour les zébus qui vivent en liberté.

 

Mais l'aspect le plus dramatique du Grand Sud reste la rareté de l'eau, sa localisation et son transport. Le point d'eau n'est qu'une mare aux creux d'un chemin . Il faut faire des kilomètres à travers des arbustes de raiketa épineux pour y mener les zébus  pour les abreuver, et chercher de l'eau à l'aide d'une charrette avec des anciens barils de carburant que l'on remplit à l'aide d'une calebasse. On filtre cette eau à laide d'un tissu. C'est cela l'eau pour tout usage pour ces populations.

 

Pourtant il pleut rarement dans le Grand Sud, et  à l'arrivée de la première pluie, ces paysages chaotiques, ces végétations xénophiles, résistantes, cette terre desséchée, en clin d'œil, deviennent une férie de couleurs et de fleurs, elles reverdissent, les fleurs éclosent, et les baobabs  eux-mêmes refleurissent. Tout semble renaître: LA MAGIE DE LA NATURE!  Un grand enchantement éphémère comme toute beauté terrestre!

 

Oui, la sécheresse se réinstallera !

 

Dans cette région habitent :

 

Les ANTANDROY  "ceux des épines"...6 ème/  ethnie Malgache, vivent par groupes isolés les uns des autres dans des villages abrités derrière des inhospitalières clôtures de "Raiketa" ces cactus aux redoutables épines, avec la présence quasi-permanente du vent fort et desséchant "le Tsiokatsimo" . Semi-nomades, presque nus, ils sont en perpétuels déplacements avec leurs zébus à la recherche des points d'eau à des kilomètres de leurs villages à travers des arbustes épineux   avec comme seules armes leurs sagaies qu'ils ne quittent jamais.

 

Ils ont la maîtrise de la divination et des sortilèges. Ils ont toujours autour de leur cou leurs amulettes qu'ils serrent contre eux dès qu'ils craignent un malheur. Comme nous avons vu plus haut, le problème chronique et sévère de disponibilité et d'accessibilité en eau amène ici  la quasi-nullité de production agricole, source de la grande pauvreté qui affecte depuis des temps ces populations.

 

 

Malgré l'éloignement et le manque de transport, on voit de temps à autres, quelques Antandroy surgir  dans les rues de la capitale nationale "Antananarivo" et la capitale des Betsileo "Fianarantsoa" où ils trouvent du travail de gardiens de banques, de grands sociétés privées, ce qui confirme leur volonté de travailler, leur honnêteté, leur courage.

 

Peuples courageux, travailleurs,  pacifiques, souvent méconnus  par la situation géographique. Ils cultivent : maniocs, patates douce,  voanemba : (sorte de haricots du cap), lentilles , pois, goyaves, mangues. Ils élèvent : zébus, caprins/ovins. Ils fabriquent des tapis en angora avec des poils brebis, en mérinos avec des poils de chèvres.  Ils pratiquent aussi la pêche en mer avec les moyens du bord pour leur nourriture.

 

Contrairement aux idées reçues, les qualifiant de taciturnes, sales, indolents, voire paresseux, sorciers, moroses, les Antandroy sont des gens solides, travailleurs, honnêtes, dansant, chantant,  lorsqu'ils sont bien nourris, et propres  quand ils peuvent se laver.  

 

Les Antandroy enterrent leurs morts dans des cercueils faits par 2 demis troncs d'arbres évidés. Leurs tombeaux formés de pierres "VALAVATO" ou ENCLOS en pierres, sont dévorés par des poteaux de bois sculptés "ALOALO", chargés de symboles rituels qui se terminent généralement par un zébu, rappelant au passant les vertus de celui qui est couché dans le tombeau. Ils sont noirs aux cheveux épais, frisés. 

 

Il y a aussi les  MAHAFALY : 7ème ethnie malgache un peu plus sur le plateau de la côte -sud-ouest  que dans la terre de l'extrême Sud, ils  mènent à peu près la même vie que les Antandroy  et en commun la même physionomie mais plus frustres et plus lointains. Ils sont aussi démunis, vivant parmi des arbres couverts d'épines étranges , un coin  de crocodiles, des tortues et des lémuriens.

 

Mais du côté des Mahafaly, le coin reçoit des touristes par rapport aux Antandroy. Ils sont excellents sculpteurs et graveurs de bois au couteau, ils fabriquent des bijoux pour les rares visiteurs de l'année. Ils ont un amour immodéré pour les zébus. Comme tous les malgaches cette population est très attachée au sacré et au respect des ancêtres. Pour leurs morts, ils sculptent des aloalos en hauts mâts, en bois ajourés où se superposent rosaces et croissants de lune par dessus lesquels s'affrontent oiseau  et lézard pour se terminer au sommet par un zébu, d'autres aloalos par des scènes de vie du défunt selon l'humeur de l'artiste. Pour eux les aloalos servent un beau trait-d'union entre le monde souterrain et celui du soleil. Ces hauts mâts de bois sont plantés au milieu des amas de pierres à côté des cornes de zébus qui sont des tombeaux, quelquefois ceux-ci sont aussi décorés par des maisonnettes, des statuettes  peintes et colorées, ornées par des grands miroirs.Les Mahafaly..."ceux qui rendent gais"...se sacrifient beaucoup pour la construction et la décoration de leurs tombeaux. C'est aussi le culte des ancêtres, culture malgache.Ils cultivent maïs, lentilles, maniocs, mil et pratiquent aussi la pêche en mer par les moyens du bord pour se nourrir. La population du grand sud ne pratique aucune religion.  

 

Quant aux ANTAIMORO qui s'écrit aussi "ANTEMORO"-- "ceux du littoral" . Des gens compliqués mais cultivés ,se disent descendants des Rimini contemporain de Mahomet de la Mecque , mais refusent d'être considérés comme mahométans. Les hommes sacrés se disent musulmans et se présentent vêtus d'une longue chemise blanche ou "toge", coiffés de fez rouge avec un turban blanc.

 

Très arabisés, ils se servent des versets du Coran comme d'amulettes protectrices et conservent jalousement des manuscrits du Coran et des livres saints appelés SORABE, réunissant des formules magiques arabes à vocation médicale, des sortilèges, des écrits en arabes et traduits en malgache.

 

Une société divisée en caste et classe d'âge, des hommes experts en charme et magie, en alliance et par le sang, en interdits, devins "mpisikidy" divination par les graines "sikidy". Ils sont inventeurs et seuls confectionnneeurs du papier antemoro--qui porte leur nom- utilisé dans le domaine de la décoration.   abat-jour par exemple.

 

Des hommes sobres, économes, travailleurs, résistants, ils cultivent le riz, le maïs, le taro et le manioc pour fabriquer du tapioca. Ce peuple appartient à la 11ème ethnie malgache.

 

Les BARA 8ème ethnie malagasy seraient d'origine Bantoue d'après leur nom...ce sont aussi des hommes économes, robustes, travailleurs, et subissent les mêmes climats et aléas que leurs voisins.

 

Tous ces peuples du grand soleil ont le teint noir, ou cuivré et  des cheveux noirs plus ou moins crépus, mais jamais laineux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



20/10/2015

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